Samu / Soupe

Le SAMU Soupe MIR c’est :

  •  Trois distributions par semaine en période estivale
  •  Deux distributions par semaine en période hivernale C’est aussi tous les jours des repas servis à la communauté de l’Ariane et de Sospel.

Esméralda a deux mois et demi quand on l’a rencontre pour la première fois avec ses parents. Ils habitent dans une tente qui ne pou- vait être aperçue de la rue, car bien cachée au fond d’un parking. Les pa- rents sont un jeune couple. Fraiche- ment arrivé en France, ils sont à la recherche d’un Eldorado, l’espoir d’un avenir meilleur pour leur bébé.mi quand on l’a rencontre pour la première fois avec ses parents. Ils habitent dans une tente qui ne pou- vait être aperçue de la rue, car bien cachée au fond d’un parking. Les pa- rents sont un jeune couple. Fraiche- ment arrivé en France, ils sont à la recherche d’un Eldorado, l’espoir d’un avenir meilleur pour leur bébé.

La présence de la petite fille facilite le contact et nous comprenons très rapidement que les parents prennent bien soin de cette petite merveille : elle est très propre et bien nourrie. Après quelques semaines, nous per- dons leurs traces. La tente a disparu et le lieu où ils s’abritaient a été fermé. Lorsqu’ on les retrouve, le père nous raconte qu’un matin on les a expulsés de leur cachette, confisqué leur tente (donnée par la Croix-Rouge) et ils se sont retrouvés sans rien d’autre que leur bébé dans les bras.

Par chance, des amis un peu mieux lotis leur ont trouvé une vieille voiture. IIs sont contents ; la pluie pourra tomber ils se sentent à l’abri. Mais (car il y a un mais !) ils sont obligés de déplacer la voiture chaque jour pour ne pas repérés et expulsés à nouveau. Nous leur donnons des couvertures pour la petite, ainsi que du lait. . Elle dort sereinement sur la banquette arrière : elle est belle et on a presque l’impression qu’elle rêve de quelque chose de joyeux car elle sourit dans son sommeil…

Un jour peut-être, elle aussi dansera sur la place. Quelques mois après, nous la revoyons à la distribution, toujours belle et mignonne, mais ses parents ont perdu la douceur des premiers temps : on sent la dureté de leur vie dans leur regard et les quelques paroles échangées.

Pour ces trois-là, quels lendemains quand I ‘aujourd’hui est si cruel.

Apprendre à regarder celui qui nous attend assis sur ces cartons, et prendre le temps d’essayer d’aimer…

MARAUDE

Le visage d’une personne à qui vous venez de donner une paire de chaussettes propres ne se décrit pas, et encore moins s’il y en a une autre paire pour un autre jour ; ajoutez un kit avec savon, rasoir, dentifrice, et c’est « le bonheur ». Depuis que nous en proposons régu- lièrement, on se battrait presque pour en avoir, comme pour les couvertures pendant l’hi- ver. Cela m’a amené, dans la rue, à parler quelquefois d’hygiène. On l’évoque rarement mais lorsqu’on en parle, c’est une vraie souffrance qui s’exprime : être propre, c’est être respectable, c’est retrouver sa dignité.

A partir de ce que l’on pourrait considérer comme anecdotique, c’est tout un chemine- ment qui s’est fait. Il faut consentir à être bousculés dans nos habitudes ; accepter de re- connaitre ce manque d’attention aux « plus petits d’entre nous » : apprendre à regardercelui qui nous attend assis sur ses cartons. Nous ne devons plus nous contenter d’aperce- voir et repartir avec la satisfaction du devoir accompli. II nous faut prendre le temps d’ai- mer, même si nous ne sommes pas capables de beaucoup. C’est vrai qu’il faut faire vite car d’autres, ailleurs, attendent..